

LA CREATION
L'ES Appoigny est un club de football fondé en 1927. Depuis sa création, le club a évolué pour devenir l'un des clubs de football les plus populaires du département. Notre club se concentre principalement sur la pratique du football en loisir et en compétition pour les jeunes et les adultes, hommes et femmes, ainsi que pour les personnes en situation de handicap (section Handisport)


Création équipe sénior
1953 - 1954
C'est en voyant l'équipe minime se former qu'André Guillon prend l'initiative de faire une équipe senior avec Claude Chantier, Gaston Bernard, Gérard Paclin et André Fromentin, apprenti mécanicien chez Pautrat. Le recrutement n'est pas très facile. Enfin, l'équipe se constitue. Elle fait quelques matchs amicaux, en 1953-54, notamment contre l'équipe du camp de Chemilly.
L'année suivante (1955), il faut l'engager dans un championnat. Le problème est de savoir à quelle fédération on doit adhérer à l'UFOLEP ou à la FFF.
Deux arguments vont faire pencher la balance du côté de l'UFOLEP. D'une part, le niveau du championnat est plus accessible qu'à la FFF et quand l'équipe sera aguerrie, il sera toujours temps d'adhérer à la FFF. D'autre part, le prix des licences est beaucoup moins élevé !
L'impulsion GUY ROUX
1951 - 1952
Dès qu'ils sont en âge de courir et de taper dans un ballon, mes garçons et leurs copains descendent au terrain pour jouer au foot entre eux. Le dimanche, ils rentrent souvent complètement crottés.
Un jour de Noël, je leur achète un ballon de foot. C'est leur premier vrai ballon, sans lacet ! Il est en cuir et tout blanc. Ce sera sans doute l'un des meilleurs cadeaux qu'on leur ait jamais offerts !
Sur l'impulsion de Guy Roux, une équipe minime se met en place. Elle part en vélo rencontrer d'autres équipes en match amical, la première année. Il faut négocier le fauchage du terrain avec un cultivateur, puis ramasser l'herbe, tracer le terrain à la sciure récupérée à la scierie Dehon.
Bien sûr, avec M. Chantier, nous les soutenons dans leurs démarches, mais ce qui est intéressant, c'est qu'ils se prennent en charge. Ils s'organisent si bien que cela donne des idées aux grands.


Le challenge Paul-Brisset
1955
Pour ce challenge, je me contenterai de rapporter le compte-rendu que Guy Roux a fait, à l'époque, dans un bulletin intitulé : « Appoigny Football ». Il y fait un bilan complet de la saison avec, entre autres, une analyse des raisons de cette réussite, due à la « qualité des joueurs », à « l'esprit de camaraderie », à la présence grandissante des supporters, (qu'un arbitre a qualifiés « de public le plus sportif du département ») et au dévouement des dirigeants (président actif: M. Chantier, vice-président Jean Laguillaumie, secrétaire : Gilbert Masson, trésorier: Roger Soule, directeur sportif : Georges Vachette).
Dans son compte-rendu, Guy note, aussi, le nombre de matchs assurés par les joueurs et le nombre de buts marqués : Michel Boizet (47), Claude Chantier (25), Jeannot Larguet (14), Guy Roux (7), etc.
Il y rapporte, également, comment le challenge Paul-Brisset a été « soigneusement préparé », managé et gagné !
On trouve, déjà, alors qu'il n'a que dix-sept ans, toute la « patte » de Guy, tant au niveau des consignes de préparation qu'à celui des choix tactiques. Au moment où Guy a une réputation internationale, c'est un document presque « historique » que je n'avais plus et que Pierre Mary a eu la gentillesse de me donner.
« Une victoire soigneusement préparée. Tournoi de sixte de Brienon »
Le 25 mai 1955, les cadets ramenèrent, de Brienon, le challenge Paul-Brisset, magnifique objet d'art, qui leur fut remis en récompense de leur victoire au tournoi de sixte. Dix équipes le disputaient, la plupart juniors, c'est-à-dire que les joueurs étaient un ou deux ans plus âgés que nous.
Nous y étions allés avec la ferme intention de gagner, car nous avions une revanche à prendre. L'année dernière, après avoir battu les juniors de Migennes, nous avions été écrasés 3-0 par ceux de Brienon, futurs vainqueurs du tournoi. Nous l'avions préparé avec un soin minutieux. Le jeudi précédent, jour de l'Ascension, nous avions fait un petit entraînement, contre les joueurs de première, qui nous avait permis de mettre au point notre tactique. En effet, le jeu à six demande une technique plus parfaite et une orientation différente que le jeu à onze. D'autre part, comme nous avions joué douze parties de sept minutes (pour nous habituer au temps), nous étions bien en souffle. Le samedi soir, nous étions tous couchés à 21 heures.
Le dimanche, nous sommes partis à 12 heures, pleins d'ambition, après un repas léger. Le tirage au sort nous favorisa. Au premier tour, nous devions jouer contre l'équipe C de l'Alliance Sens. En cinq minutes, la cause était entendue, nous menions 4-0. Nous ralentîmes le rythme de jeu, nous réservant pour la suite, nous contentant de marquer deux buts en seconde mi-temps, gagnant par 6-0.
Après le premier tour, il restait cinq équipes, cinq autres ayant été éliminées. Les cinq rescapés étaient: l'Alliance Sens 1, Joigny, Brienon, naturellement, Saint-Florentin et nous. Les organisateurs décidèrent de tirer au sort deux équipes qui se rencontreraient en vue d'éliminer le vaincu. Les deux papiers, sortis du chapeau, désignèrent l'équipe juniors de l'Alliance Sens, deuxième du Championnat de l'Yonne et... Appoigny.
Le match commença mal, pour nous, puisque, à la mi-temps, nous perdions 2-0. A quatre minutes de la fin, le score était inchangé et le béret de Monsieur Laguillaumie tournait désespérément sur sa tête. En plus, nous étions dominés. Soudain, Claude Laguillaumie s'empare de la balle, la lance à Claude Fornaroli, complètement démarqué qui, poursuivi par deux Sénonais, glisse la balle dans le coin des buts. Plus qu'un but de retard. Sens repart à l'attaque, Maurice Laguillaumie replié passe la balle à Guy Roux qui court vers le but adverse; au moment où un Sénonais le rejoint, il shoote de toutes ses forces presque les yeux fermés... Clameurs des supporters appoviniens, le but est marqué: 2 partout et encore deux minutes. Le même joueur, recevant la balle à 7 m des buts, trente secondes plus tard, shoote à ras de terre sur le gardien, mais la balle lui glisse des
mains et roule doucement derrière la ligne de but. Nous MENONS 3 BUTS à 2 et il reste une minute de jeu : tous groupés en défense, nous arrêtons les derniers assauts des Sénonais. Nous revenons de loin !
Mais la fatigue de ce match supplémentaire n'allait elle pas nous marquer pour les matchs à venir ? Heureusement, le tirage au sort nous oppose à Saint-Florentin en demi-finale alors que Brienon et Joigny nous semblaient plus dangereux. En cinq minutes, nous avions marqué deux buts et les Florentinois ne semblaient pas devoir nous inquiéter. Nous envoyâmes Maurice Laguillaumie, benjamin de l'équipe, se reposer à l'aile en vue de la finale. Nous nous contentâmes de museler les attaquants adverses marquant un troisième but en deuxième mi-temps.
Nous étions qualifiés pour la finale qui devait se jouer, une heure après, contre Brienon, qui s'était défait de Joigny. Nous allâmes nous reposer dans l'herbe fraîche, nous restaurant de thé très sucré, de bananes et d'oranges.
Un organisateur vint nous chercher dans notre retraite ombragée. Après un léger échauffement, nous avons pénétré sur le terrain, entourés d'une foule nombreuse, au milieu de laquelle nous avons reconnu, avec plaisir, quelques visages familiers de supporters qui étaient venus d'Appoigny. La finale était disputée en deux mi-temps de quinze minutes. Le jeu commença plus lentement que lors des matchs précédents, aucune équipe n'osant se livrer dans le début. A la neuvième minute, corner en notre faveur, Claude Laguillaumie, qui était monté en attaque, surprend la défense et loge la balle, de la tête, au fond des filets brienonnais. Nous
menons 1-0. Nous sommes ensuite un peu bousculés en défense. Gérard Lardet fait des prodiges, sauvant des balles en retourné devant les buts, luttant magnifiquement tandis que les avants Guy Roux et Claude Fornaroli semblent fatigués des matchs précédents. Cependant, ce dernier échappe à son garde du corps et d'un shoot en coin aggrave le score. La mi-temps survient.
Après le changement de côté, Brienon accentue sa pression et nous ne devons qu'à la brillante partie de notre gardien de but, Jean Chantier, de ne pas prendre de buts. Nos rares contre-attaques échouent sur le défense adverse. A deux minutes de la fin, un Brienonnais shoote à mi-hauteur et marque, mais il est trop tard et nous conservons le mince avantage d'un but qui nous permet d'emporter le « bonhomme de bronze ».
Un de l'équipe : Guy Roux. »


La coupe Margottin
1956
La demi-finale de la coupe Margottin se déroule, en 1956, contre Toucy, au Stade Auxerrois. A cette époque, les terrains n'étaient pas aussi bien entretenus qu'aujourd'hui. L'herbe ayant poussé, des personnes étaient venues en couper pour leurs lapins. Il y avait donc des places tondues et d'autres où l'herbe montait jusqu'à quarante ou cinquante centimètres! Cela n'a pas facilité le bon jeu, mais l'important est que nous ayons gagné !
La finale se déroule un peu plus tard, le 3 juin 1956, à Vermenton contre Domats. C'est une équipe beaucoup plus athlétique que la nôtre, avec les trois frères Draux, trois Belges, des colosses durs au jeu. Leur mère est encore plus passionnée qu'eux. On la remarque bien avec sa robe bleue. Elle se met toujours derrière les buts adverses pour encourager ses fils et son équipe et influencer le gardien, en l'occurrence, notre frêle mais fameux goal, Jean Chantier.
De notre côté, les trois frères, André, Michel et Régis Boizet, nous ont fait faux bond. Nous ne sommes que dix et Claude Fornaroli, élève au collège technique Gambetta, est collé! Après plusieurs démarches, nous réussissons à obtenir une autorisation spéciale pour le faire « décoller »>.. le temps du match! Ouf! pour la finale nous serons au complet.
C'est M. Picq, de Migennes, qui arbitre le match. Appoigny a un jeu très fin qui contraste avec le jeu dur de Domats. A la fin du match, alors que le score est de 1 partout, Claude est pris en sandwich, dans la surface de réparation. Penalty ! C'est Marin qui tire... et qui marque. Appoigny mène 2-1 et gagne sur ce score. Je pense, d'ailleurs, que M. Picq, qui n'aimait pas le jeu de Domats, a écourté le match de quelques minutes pour être sûr de la victoire d'Appoigny !
M Chantier, qui est un passionné du foot et d'Appoigny, n'a pu venir voir le match car il avait une vente, à la Saulée, sur les bords de l'Yonne. Au retour du match, nous nous rendons directement à la Saulée, où nous rapportons notre trophée. C'est alors que M Chantier lève la coupe, comme s'il allait procéder à la vente d'un nouvel objet et annonce la victoire d'Appoigny à Vermenton !


Le combat contre Rouvray
La lutte est toujours acharnée avec l'équipe de Rouvray, emmenée par le fin stratège, Robert Gallon, et il est toujours très difficile de gagner sur leur terrain cabossé et très en pente.
Un dimanche, avant le match, quelqu'un me donne des renseignements sur le gardien de but de Rouvray. C'est un gardien agile, mais il a quelques problèmes de vue et il ne voit pas venir les balles quand elles viennent de loin.
Avant le match, la consigne est donnée. Il faut tirer de loin ! Résultat à la fin du match 3-0 pour Appoigny! Ce sera une des seules fois qu'Appoigny battra Rouvray !
En 1958, lors de la finale UFOLEP, à Migennes, encore une fois, Appoigny a dû s'incliner. Pour ce match, les trois Laguillaumie d'Appoigny n'ont pas réussi à battre les trois frères Wolf de Rouvray, toujours dirigés par l'excellent tacticien, Robert Gallon !
Là, c'est nous qui prenons trois buts, sans en marque un seul ! La leçon est rude mais la bonne humeur restera de mise et nous nous préparerons encore mieux pour les prochaines revanches !
1956
Un carton plein à Egreville
1956
Pour le dernier match de la saison, la première place du classement se joue entre Egreville (Seine-et-Marne) et Rouvray. Si Egreville perd, c'est Rouvray qui est champion !
Nous partons à Egreville en car. Nous ne sommes pas très rassurés car Egreville est une très bonne équipe qui bénéficie de la présence de joueurs parisiens.
Pour notre part, nous avons une équipe modeste, malgré deux renforts de qualité venus de l'A.J. Auxerre, un défenseur, Bonhomme, et un avant-centre rapide et opportuniste, Jean-Pierre Soupeaux, le fils de l'ancien avant-centre de l'AJA, Constant Soupeaux.
Dans le car, il y a un espace pour mettre les bagages. En regardant cet espace, Roger Soule, qui ne donnait pas cher de notre peau, nous dit : Est-ce qu'on aura assez de place pour ramener tous les buts qu'on va prendre ?
Le match commence et, d'emblée, nous sommes dominés. Egreville donne de tous feux. Mais, ce jour-là, on a un Jean Chantier exceptionnel dans les buts. Comme d'habitude, il a posé son corbeau apprivoisé sur un coin des poteaux de buts et il fait le pitre en jouant. Egreville s'acharne, mais rien ne rentre.
Pour relâcher cette pression permanente, Jean, ainsi que les arrières, Marin et Jean-Jacques Tinès, procèdent à de longs dégagements en avant. Sur un de ces dégagements, la balle arrive dans les pieds de Soupeaux qui, depuis le milieu du terrain, file au but et... marque ! 1-0 pour Appoigny !
Egreville se rue alors dans notre camp. Jean continue à faire des prouesses et à dégager aussi loin qu'il peut. Nouveau dégagement, nouvelle échappée de Soupeaux, nouveau but! A la mi-temps, malgré une domination permanente d'Egreville, Appoigny mène 3-0 !
Après la mi-temps, on aurait pu penser qu'Egreville allait remonter la pente. Mais Jean veille toujours au grain et peu après la reprise, Soupeaux marque un quatrième but. Certains joueurs d'Egreville sont tellement écœurés qu'ils quittent le terrain ! Le score en reste là.
Au retour à la maison, je reçois un coup de téléphone de Robert Gallon, l'entraîneur/joueur de Rouvray, et la conversation s'engage :
- Monsieur Laguillaumie, pouvez-vous me donner les résultats du match contre Egreville ?
- 4-0
- Pour Egreville ?
- Non, non ! Pour Appoigny !
Robert est interloqué. Il n'en croit pas un mot et pense que je me moque de lui. Il insiste encore puis raccroche.
Un peu plus tard dans la soirée, il me rappelle à nouveau. Il a pris ses renseignements et se confond en excuses et en remerciements, car c'est grâce à cette victoire que Rouvray a gagné le titre.


Tournoi de sixte contre l'AJA
1957
A la fin de la saison 56-57, on entre dans la période des tournois de, sixte. Une équipe d'Appoigny est prévue, mais au dernier moment, le gardien Jean Chantier ne peut pas venir. Nous pensons à Pierre qui est en pension au Cours Complémentaire de Toucy. Je téléphone au directeur qui lui donne une autorisation spéciale car, à cette époque, les internes ne sont autorisés à sortir que tous les quinze jours !
Pierre est dans les buts. Le tournoi début bien. Les Fornaroli jouent toujours avec autant de finesse et Appoigny se retrouve en finale contre l'AJA, emmenée par Jacques Contant.
Contrairement à ce qu'on pouvait craindre, le match est équilibré. Appoigny tient bon. Pierre plonge à droite, plonge à gauche. Rien ne rentre pendant toute la première mi-temps.
Il faut toute la détente et la qualité de jeu de tête de Jacques Contant pour marquer deux buts tout près de la fin du match. Appoigny est battu, mais l'AJA a eu très peur !
De son côté, la deuxième équipe de l'AJA a gagné la "consolante" après s'être fait éliminer, au premier tour. L'AJA se retrouve donc avec deux coupes et, très sportivement, en offre une à Appoigny qui venait de la faire trembler sur leurs bases.

